Près de la moitié de la population belge est prête à déménager pour faciliter son trajet jusqu’au travail. En Wallonie, ce chiffre atteint même 71 %. La raison ? Faire les trajets en voiture est extrêmement stressant. Si les entreprises veulent que leurs employés arrivent reposés au travail, elles devraient essayer de les sortir de leurs véhicules.

Ce sont les conclusions d’une Étude sur les trajets et le transport en Europe menée par PageGroup (Michael Page, Page Personnel et Page Executive). L’étude porte sur les habitudes de déplacements de la population active et l’impact qu’elles ont sur la productivité et l’approche du travail. Plus de 12 000 personnes dans 10 pays différents y ont participé.

Combien d’Européens sont prêts à déménager pour leur travail ?

Plus de 44 % de la population active est prête à déménager pour son emploi si cela lui permet d’éviter le stress des embouteillages et les autres causes de retards. On observe toutefois des différences marquées entre les régions : en Flandre, seulement 28 % de la population active considère le déménagement comme une véritable option. Bruxelles se situe au milieu avec 57%. 

Entre privé et public, quel est le moyen de transport le plus emprunté en Belgique?

La voiture est l’une des principales causes de stress liées aux trajets jusqu’au travail. Plus de 80% de la population active en Flandre prend la voiture pour se rendre au travail. En Wallonie, ce chiffre atteint même 85%.  Il n’y a qu’à Bruxelles que les transports en commun sont capables de véritablement faire concurrence à la voiture. Dans la capitale, 44 % préfèrent prendre le train, le bus ou le métro. Entre les deux groupes, la différence d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle  est sans appel : les gens qui optent pour les transports en commun sont beaucoup moins stressés que ceux qui décident de prendre leur propre véhicule.

Près de 40 % des automobilistes trouvent leur trajet jusqu’au travail loin d’être relaxant. Bien au contraire, ils arrivent stressés au travail. Ce résultat classe la Belgique 3ème parmi les pays les plus stressants pour les personnes qui se rendent au travail en voiture, juste derrière la Turquie et l’Italie.

Combien de personnes arrivent en voiture au travail dans un état de stress ?

Presque tous les automobilistes (95 %) indiquent les embouteillages comme premier facteur de stress. Les imprévus sur la route, comme les travaux et les accidents, arrivent en deuxième place avec 63 %.

Les entreprises tentent de résoudre ce problème en faisant la promotion du covoiturage. La société belge GSK Bio a mis en place un système de covoiturage en découvrant que 25 % de son personnel était favorable à une telle mesure.

Promouvoir les transports en commun est une autre façon, pour les entreprises, de faire face à cette difficulté. Il existe par exemple un arrangement par l’intermédiaire duquel le gouvernement fédéral rembourse aux employés 20% des abonnements annuels de train. D’autres dispositifs similaires existent pour d’autres moyens de transport.

Il y a de bonnes raisons de le faire. Bien que la Belgique ne figure pas en haut de tableau, pour ce qui est des transports publics, les usagers qui se rendent au travail en train, en bus ou en métro ont en général un avis très positif : 68% disent que c’est efficace. À Bruxelles, ce chiffre atteint même 76%.  Mais plus important encore, les usagers des transports en commun sont moins stressés : près de 80% déclarent arriver calmes au travail.

Combien d’usagers du train, du métro et du bus se sentent stressés en arrivant au travail ?

Ceci dit, prendre le vélo est encore le moyen le moins stressant de se rendre au travail. Plus de 86% des cyclistes affirment qu’ils sont parfaitement calmes quand ils arrivent au bureau. Selon Deceuninck, une entreprise flamande qui encourage les employés à prendre le vélo, l’impact économique n’est pas non plus à mettre de côté. Non seulement les employés qui prennent le vélo sont plus motivés mais cela se traduit également par moins d’absences pour raison de santé. Les salariés qui viennent travailler à vélo peuvent obtenir une prime : le gouvernement verse 485 euros par an à tous ceux qui parcourent au moins 5 kilomètres pour se rendre à leur travail tous les matins.

Les entreprises qui envisagent sérieusement une stratégie de déplacement pour leurs employés peuvent trouver toutes les informations nécessaires sur les « points de mobilité » mis à disposition dans toutes les provinces. Promouvoir et subventionner les moyens de transport alternatifs constitue un petit investissement qui se rentabilisera sur le long terme grâce à des employés en meilleure santé et plus reposés.

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