D’ici un an, tous les Conseils d’administration des grandes entreprises de Belgique devront être composés d’au moins 30 % de femmes. Mais avec 9 CEO sur 10 qui sont des hommes, les résultats de la Belgique sont nettement moins bons que ceux de pays tels que l’Islande et même la Jamaïque. Qu’ont-ils à nous apprendre ?

Chaque année, le magazine financier Trends décerne un prix au Manager belge de l’année. Combien de femmes l’ont-elles remporté depuis sa première remise, en 1985 ? Elles ne sont que deux. Et l’une d’entre elles, Rose Claeys, a dû partager le prix avec son beau-frère.

Ces mauvais chiffres sont-ils surprenants ?  Pas vraiment, si l’on tient compte du faible pourcentage de femmes occupant les plus hauts postes de direction.  Selon la dernière étude réalisée par PageGroup, 9 CEO sur 10 sont des hommes.

Ce qui est surprenant, c’est que ce nombre demeure si peu élevé. En effet, il y a cinq ans déjà, le gouvernement belge avait promulgué une loi sur les quotas stipulant qu’à l’horizon 2017, au moins un tiers de l’ensemble des membres des Conseils d’administration des grandes entreprises devrait être composé de femmes. Les entreprises de plus petite taille, quant à elles, disposent de deux années supplémentaires pour atteindre cet objectif. Mais à un an du premier délai, il reste beaucoup de travail à faire alors que nous avons découvert que 70% des entreprises ne disposent pas de quotas pour les femmes dans des postes de direction ! Penchons-nous sur les trois premiers pays qui diminuent l’écart entre les sexes selon le Forum économique mondial:

1. ISLANDE
Selon le Forum économique mondial, l’Islande pourrait bien être le premier pays au monde à éliminer les disparités entre les hommes et les femmes dans un avenir proche : 88 % du chantier est déjà réalisé. Ce pays dispose non seulement d’un nombre important de femmes siégeant dans les Conseils d’administration (44 %), mais l’État a également été dirigé par une femme au cours de 20 des 50 dernières années et près de la moitié des ministres et des députés sont de sexe féminin.

Comment se fait-il que les résultats de l’Islande soient nettement meilleurs que ceux de la plupart des pays du monde, notamment la Belgique ? L’une des raisons souvent avancées est la suivante : l’Islande dispose d’une très petite économie où les talents et le capital humain se caractérisent par leur rareté. Pour ne pas passer à côté de ces talents, il faut donc s’assurer qu’à la fois les hommes et les femmes soient capables de concilier leur travail et leur famille ainsi que leurs obligations sociales. C’est pourquoi les services de garde d’enfants sont très bon marché en Islande, par exemple.

2. JAMAÏQUE
Sur le plan de l’égalité entre les hommes et les femmes, la Jamaïque n’est probablement pas le premier pays qui vient à l’esprit. En effet, elle se classe 65e sur 145 pays selon l’indice sur l’inégalité entre les sexes du Forum économique mondial. Mais en ce qui concerne le pourcentage de managers de sexe féminin, l’île caribéenne supplante largement la Belgique.

Selon la dernière enquête de l’Organisation internationale du travail (OIT), plus de 59,3 % de l’ensemble des postes de direction sont occupés par des femmes en Jamaïque. Cela s’explique principalement par le fait que les femmes jamaïcaines sont les principaux gagne-pain de leur famille. Par ailleurs, elles sont généralement mieux formées : 40 % des femmes sont diplômées de l’enseignement supérieur, tandis que seuls 18 % des hommes ont fréquenté l’université.

3. RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
Bien que la société dominicaine soit encore très traditionnelle à de nombreux égards (les hommes ne s’acquittent d’aucune tâche ménagère, par exemple), les femmes sont très impliquées dans le monde des affaires. Le pays occupe même le premier rang du classement mondial de l’Organisation internationale du travail en ce qui concerne le pourcentage de cadres supérieurs de sexe féminin (55,8 %). Les raisons qui expliquent cette situation sont nombreuses : la République dominicaine connaît l’une des économies les plus dynamiques d’Amérique centrale et des Caraïbes. Et l’un des secteurs les plus importants est celui du tourisme, qui emploie généralement beaucoup de femmes. En outre, les femmes dominicaines, à l’instar de leurs homologues jamaïcaines, sont souvent mieux formées que les hommes.

Quels enseignements la Belgique peut-elle tirer de ces exemples ? Il n’est pas aisé – pour ne pas dire impossible – de comparer la situation de la Belgique à des économies en développement telles que la Jamaïque et la République dominicaine.  Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est que lorsqu’elles en ont l’occasion, les femmes ambitieuses se montrent à la hauteur des circonstances. Si, comme l’Islande et d’autres pays nordiques l’ont fait par le passé, la Belgique lève certains obstacles tels que le prix des services de garde d’enfants, elle devrait être capable de se hisser parmi les cinq premières places de l’indice sur l’inégalité entre les sexes. Qu’attendons-nous ?

Voir l'infographie complète et découvrez nos dernières offres d’emploi ici

Summary

Si, comme l’Islande et d’autres pays nordiques l’ont fait par le passé, la Belgique lève certains obstacles tels que le prix des services de garde d’enfants, elle devrait être capable de se hisser parmi les cinq premières places de l’indice sur l’inégalité entre les sexes.